L'emphase d'une affiche
Vous n'avez peut-être pas lu le texte de l'affiche annonçant la commémoration de la libération de Colombes. Le texte a fait réagir Raskal. Je lui laisse donc les clés de ce blog pour qu'il exprime son avis.
Voici tout d'abord le texte officiel de l'affiche :
"Pour connaître toute la joie d'une liberté retrouvée, il faut avoir été asservi. Pour connaître le prix de la liberté, il faut avoir subi le poids des chaînes. Pour connaître l'ivresse de la sécurité après le danger des combats, il faut avoir entendu au soir du 25 août 1944 carillonner les cloches de la liberté retrouvée.
Nous devons tout cela à ceux qui ont préféré la mort à l'esclavage 64 ans après, notre devoir reste de nous souvenir de leur sacrifice. »
Et maintenant, le point de vue Raskalien :
"Ce texte, qui est inscrit en bas de l'affiche dans un encart fait naitre en moi un sentiment étrange et désagréable.
Outre le fait que le texte n'est pas signé (s'agit-il d'une citation? Le côté lyrique et emphatique du texte le laisse penser mais...) c'est le contenu qui est largement discutable.
En quoi l'asservissement permettrait-il de connaître la joie de la liberté, même retrouvée?
En quoi avoir subi le poids des chaîne permettrait-il de connaître le prix de la liberté?
Qu'est ce que c'est, cette histoire « d'ivresse de la sécurité »? (L'ivresse n'est-elle pas la déraison?)
Enfin, pas certain que ceux qui sont morts ont préféré la mort à l'esclavage. Ce qu'ils ont préféré, ce n'est pas la mort, c'est la lutte, c'est à dire tout son contraire, l'instinct de vie plutôt que l'instinct de mort. Ils ont lutté contre la guerre et pour libérer un pays.
Cette sentence est plus que douteuse et bien dans le style lexical des apôtres de l'héroïsme magnifié.
D'autre part, l'esclavage n'est-il pas préférable à la mort ? Car l'esclavage, même asservi, garde toujours l'espoir de son affranchissement. De plus, il peut se soulever, lutter, se battre pour atteindre cet objectif. Une fois mort, quel peut-être son combat?
Je suis assez surpris que la municipalité ait laissé passer un tel message.
Ce patriotisme « sanguin » est contre productif et inutile. Il correspond à une tradition française qui consiste à vouloir mystifier, fantasmer le combattant mort comme un sacrifié (« Notre devoir est de nous souvenir de leur sacrifice »), d'autant que l'imagerie divine n'est pas très loin.
Une fois encore on magnifie l'instinct de mort contre l'instinct de vie, qui est quand même la raison d'être et de vivre de tous les opprimés sur terre.
A quand des messages d'anciens combattants plus paisibles et pacificateurs?
Merde! "
Je reprends la main pour conclure. Honnêtement, j'ai discuté du texte à la masion, avec Madame. Discussion intéressante. Du genre philosophique, voire religieuse (on n'est pas loin de l'idée de souffrance nécessaire à la rédemption). Mais je ne suis pas sûr que le texte ait été rédigé dans le but de créer un débat philosophique dans les foyers colombiens…
A vous de voir ce que vous pensez du texte (et du coup de gueule de Raskal)…
PS (à l'attention de Raskal) : Pas de nouvelles de toi, j'ai donc publié ton texte tel quel… J'espère que je n'ai pas fait de boulette !
Voici tout d'abord le texte officiel de l'affiche :
"Pour connaître toute la joie d'une liberté retrouvée, il faut avoir été asservi. Pour connaître le prix de la liberté, il faut avoir subi le poids des chaînes. Pour connaître l'ivresse de la sécurité après le danger des combats, il faut avoir entendu au soir du 25 août 1944 carillonner les cloches de la liberté retrouvée.
Nous devons tout cela à ceux qui ont préféré la mort à l'esclavage 64 ans après, notre devoir reste de nous souvenir de leur sacrifice. »
Et maintenant, le point de vue Raskalien :
"Ce texte, qui est inscrit en bas de l'affiche dans un encart fait naitre en moi un sentiment étrange et désagréable.
Outre le fait que le texte n'est pas signé (s'agit-il d'une citation? Le côté lyrique et emphatique du texte le laisse penser mais...) c'est le contenu qui est largement discutable.
En quoi l'asservissement permettrait-il de connaître la joie de la liberté, même retrouvée?
En quoi avoir subi le poids des chaîne permettrait-il de connaître le prix de la liberté?
Qu'est ce que c'est, cette histoire « d'ivresse de la sécurité »? (L'ivresse n'est-elle pas la déraison?)
Enfin, pas certain que ceux qui sont morts ont préféré la mort à l'esclavage. Ce qu'ils ont préféré, ce n'est pas la mort, c'est la lutte, c'est à dire tout son contraire, l'instinct de vie plutôt que l'instinct de mort. Ils ont lutté contre la guerre et pour libérer un pays.
Cette sentence est plus que douteuse et bien dans le style lexical des apôtres de l'héroïsme magnifié.
D'autre part, l'esclavage n'est-il pas préférable à la mort ? Car l'esclavage, même asservi, garde toujours l'espoir de son affranchissement. De plus, il peut se soulever, lutter, se battre pour atteindre cet objectif. Une fois mort, quel peut-être son combat?
Je suis assez surpris que la municipalité ait laissé passer un tel message.
Ce patriotisme « sanguin » est contre productif et inutile. Il correspond à une tradition française qui consiste à vouloir mystifier, fantasmer le combattant mort comme un sacrifié (« Notre devoir est de nous souvenir de leur sacrifice »), d'autant que l'imagerie divine n'est pas très loin.
Une fois encore on magnifie l'instinct de mort contre l'instinct de vie, qui est quand même la raison d'être et de vivre de tous les opprimés sur terre.
A quand des messages d'anciens combattants plus paisibles et pacificateurs?
Merde! "
Je reprends la main pour conclure. Honnêtement, j'ai discuté du texte à la masion, avec Madame. Discussion intéressante. Du genre philosophique, voire religieuse (on n'est pas loin de l'idée de souffrance nécessaire à la rédemption). Mais je ne suis pas sûr que le texte ait été rédigé dans le but de créer un débat philosophique dans les foyers colombiens…
A vous de voir ce que vous pensez du texte (et du coup de gueule de Raskal)…
PS (à l'attention de Raskal) : Pas de nouvelles de toi, j'ai donc publié ton texte tel quel… J'espère que je n'ai pas fait de boulette !
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