La voix de la campagne
Il fallait s'en douter En appelant la manifestation "festival de la voix", certains ont cru qu'il s'agissait d'élections et ils se sont mobilisés. La section du parti socialiste propose donc un spectacle ce week-end avec, parmi les comédiens amateurs, un élu municipal, la suppléante du conseiller général récemment réélu et quelques militants.
La polémique facile consisterait à voir un lien entre le montage de ce spectacle, son financement et la proximité politique avec les organisateurs du festival. Je ne peux préjuger de rien, mais il me parait fort probable que ce spectacle soit l'un des meilleurs dudit festival (non, on ne se moque pas, arrêtez ce mauvais esprit permanent). Je ne doute pas du texte (Sepulveda, quand meme) et le metteur en scène est pro.
Ce qui m'incite à grincer des dents, c'est l'aplomb. Ce sentiment de provocation. Personne ne s'est dit que ça pourrait être choquant, de monter une telle pièce, avec de tels comédiens, dans la ville, avec les liens que l'on sait ? Y avait pas moyen de faire autrement ? Je me souviens du temps où de beaux penseurs se moquaient des pièces montées à l'Avant Seine, avec toute la famille d'un comédien supposé proche politiquement de l'ancienne municipalité. Et aujourd'hui, c'est carrément les élus qui montent sur scène dans le cadre d'un destival initié, voté et financé par leurs propres soins.
Etant absent de Colombes ce week-end, je ne pourrai pas me faire une idée quant à la qualité du spectacle. Mais je l'ai dit, ce n'est pas ce qui me préoccupe.
Et je précise, par souci d'honneteté qu'on m'avait proposé de jouer dans ce spectacle. J'avais refusé. C'est peut-etre donc à cause de moi que le metteur en scène a convoqué ses amis politiques... En fait, ça doit être ça, j'ai tout manigancé pour foutre le boxon et en profiter pour me faire mousser avec un article tel que celui-ci…