Du réel de Colombes à la fiction de Washington

Publié le par Fabrice


Allez, aujourd'hui, on s'en va !
Je suis en train de lire un bouquin de l'excellent George Pelecanos, auteur américain de polars "sociaux" (c'est moi qui le dit, ça n'engage que moi !).
Avec lui, le contexte (à savoir "sa" ville de Washington) est très important pour comprendre tel ou tel personnage. Pas de manichéisme, les personnages ne sont ni tout bons ni tout mauvais (quoique… disons qu'au moins, on tente de les comprendre).
Je cite quelques lignes de "Hard Revolution" (Seuil Policiers) en guise de démonstration. L'action se passe au printemps 1968, en pleine guerre du Viet Nam et à l'heure des Droits Civiques. Martin Luther King est attendu d'un jour à l'autre à Memphis ("Early morning, april 4, a shot rings out in the Memphis sky", comme dit la chanson).

"A Washington, dans l'enseignement public, seul un élève sur trois terminait ses études secondaires, ce qui se traduisait par une augmentation considérable de la main d'oeuvre non qualifiée, dans une ville de cadres et de fonctionnaires, où les emplois étaient rares et les perspectives lugubres. La promesse des droits civiques était restée lettre morte, ils étaient nombreux à le penser. Et pour ceux qui y haibtaient, le ghetto représentait une sorte de prison, les flics étant considérés pour leur part comme des garde-chiourmes. Sentiment exacerbé par le fait qu'à Washington, où les Noirs représentaient les trois quarts de la population, quatre policiers sur cinq étaient blancs. Comment s'étonner que se développent la délinquance, les incivilités et les manifestations de haine ?"

J'ai pas vérifié, mais peut-être que les livres de Pelecanos sont dans les bibliothèques de Colombes (je conseille la trilogie "Blanc comme neige"-"Tout se paye"-"Soul circus", avec pour personnage central Derek Strange, dont on découvre les débuts dans "Hard Revolution"). Et si ce n'est pas le cas, vous pouvez toujours me demander…
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Publié dans colomblog

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