Soutien matinal
Samedi matin, j'ai passé ma matinée à l'école, pour cause de réunions de parents d'élèves. 2 filles, deux réunions, c'est le tarif (surtout quand on a une femme qui n'a pas le courage de sortir de sous la couette pour 9h…).Dans les deux réunions, il a été question du nouveau dispositif de soutien aux élèves en difficulté.
Pour rappeler le principe… Le ministre, après avoir dit un peu partout que les gamins n'apprenaient plus rien à l'école, a décidé de supprimer 3h de classe par semaine, tout en chargeant les programmes… Et, en plus, il s'est dit qu'en supprimant le samedi, ça laissait la place pour faire du soutien aux enfants en difficulté. Soutien que les instits n'ont pas le droit de faire le samedi matin. C'aurait été trop simple, faut croire !
Donc, difficulté, où caser ce soutien ? Il s'agit de 2h, une demi-heure par jour. Le ministre s'est défaussé, il a laissé chaque circonscription de l'éducation nationale gérer le bouzin. Libre à eux de faire ça le matin, à l'heure du déjeuner ou en fin de journée.
A Colombes, puisque les enfants commencent à 9h (contrairement à d'autres villes voisines où l'école débute à 8h30), il a été décidé (ne me demandez pas qui est ce "il" ! Education Nationale, concertation avec la Mairie, j'en sais rien) que ce soutien se ferait le matin. Avec le risque que les gamins n'apprécient pas de commencer avant les autres (un peu dur de se lever plus tôt, juste parce qu'on a du mal à l'école), que ça soit compliqué à gérer pour les parents (imaginez, vous avez plusieurs enfants qui commencent à l'école à des heures différentes), que ça fasse des grosses journées pour les enfants concernés…
Pour être honnête, je ne sais pas trop quoi penser de ce choix. La critique est facile, mais elle l'aurait été de la même manière pour l'heure du déjeuner (une seule coupure de 45', le temps de manger et hop, on retourne au turbin) ou pour la fin de journée (les autres se barrent pendant que certains gamins subissent l'humiliation de devoir faire des heures sups'). Comme disait une des instits, la solution du samedi matin était sans doute la plus acceptable…
De toute manière, si j'ai bien compris, ce système fonctionne, comme les autres, sur la base du volontariat. Si les parents n'ont pas envie, si les gamins bloquent, eh ben tant pis, on laissera les mômes dans leur m…
Et oui, j'ai bien dit "comme les autres"… Car lors de la réunion pour le CP, j'ai été frappé par le discours de la maîtresse (que je connais pour la 3ème année consécutive). Elle a évoqué ce système du matin, en évoquant les autres dispositifs. Pour les gamins en difficulté du CP (attention à ce terme de "difficulté", ça ne veut pas dire gamin en situation d'échec, futur délinquant fiché par Edvige et tout et tout…), il existe, au moins dans l'école de mes filles, 3 types d'aide :
- le coup de pouce, qui existe sur Colombes depuis des années. Sauf erreur, les enfants restent après 16h30 pour travailler en petit groupe, avec des instits, des étudiants ou autres.
- l'aide pendant les horaires scolaires. Nous avons toute une petite équipe du RASED (Réseau d'Aide Super Efficace et D'enfer, Ok, je ne sais pas ce que ça veut dire, comment vous l'avez deviné ?). Des instits spécialisés interviennent et voient les enfants en petits groupes. C'est surtout, je crois, destiné aux gamins qui n'ont pas compris qu'à l'école, on est censé bosser et respecter les consignes au lieu de rêver toute la journée (je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à quelqu'un…).
- le nouveau truc du matin.
A priori, on ne peut pas cumuler (imaginez le gamin de 6 ans qui doit venir à 8h20, qui part bosser en petit groupe dans la matinée et qui reste après 17h pour s'achever. S'il ne finit pas par buter un instit, c'est un miracle). Ce qui veut dire qu'il y a 15 places à chaque fois ? Dans ce cas, si on compte les défections, les parents non motivés, les vexés, ceux qui s'en foutent, ils doivent avoir du mal à les remplir, ces dispositifs, non ? Et pendant ce temps, on continue à changer les programmes, à gérer les journées de travail n'importe comment et à s'étonner qu'on ne soit pas tous polytechniciens (bah oui, quelle horreur, on ne va pas ouvrir la porte à des vocations plus créatrices !) :-)
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