Une AMAP à Colombes

Publié le par Fabrice Guillet

cageot.gifCa faisait longtemps que je voulais en parler.. Mais bon, mieux vaut tard que jamais !
Vous connaissez le principe des AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) ?  En gros, chaque participant s'inscrit  pour acheter un panier par semaine. Et je ne parle pas  de légumes tout droit venus du bout du monde par avion, mais issus d'un producteur du coin. Pour Colombes, il s'agit de deux fermes bios situées dans l'Oise. Toutes les semaines, le mercredi soir, les participants vont chercher leur panier dans Colombes, hein, on ne prend pas sa bagnole pour aller dans l'Oise !).
A Colombes, il y a deux groupes. Un (qui est malheureusement complet ! Enfin, malheureusement… Tant mieux si les participants sont nombreux !) pour les légumes et un autre, qui vient de se mettre en place pour la viande (boeuf, porc), la farine, le pain… Et là, y a encore de la place.
C'est le genre d'initiative citoyenne qui fait mon admiration. Ce refus de la bouffe toute médiocre qu'on a trop souvent tendance à acheter, qui permet aussi, même si c'est à une petite échelle, de faire un geste de consommateur (consommacteur !).
Si vous voulez des infos, allez déjà sur le site de l'AMAP île de France. Et n'hésitez pas à contacter l'AMAP de Colombes par mail. Et si ça ne vous en suffit pas (bandes de gourmands !), envoyez moi un mail, je vous donnerai les protables des contacts.
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Publié dans Vie locale

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D
A raskal :   Comment se réapproprier les moyens de notre subsistance quand on habite en ville ?   Il me semble que c'est dans cette perspective que j'ai présenté l'Amap ci-dessus : - D'abord en resserrant progressivement un lien entre un groupe de citadins et un ou plusieurs agriculteurs. - Ensuite, sur le base d'un préfinancement des capacité de production de ces fermes, les amapiens reprennent en charge certaines activités habituellement dévolue à l'agriculteur et l'aval industriel (transformation, conditionnement/transport, distribution, packaging, vente), puisque ce sont eux, les adhérents de l’Amap, qui organisent le partage des récoltes, gèrent les contrats d'engagement, suggèrent les plantations, donnent des coups de main à l'agriculteur, etc. Toutes ces activités redistribuées et partagées sont bien sûr hors circuits monétaires, et ont intérêt à rester informelles autant que possible, de façon à ce que les personnes puissent se saisir du « flou » pour inventer et s’approprier les activités. Et Cela peut aller très loin, comme par exemple le cas de Nanterre qui commence à payer des terres pour leur maraîcher, mais chaque Amap va à son rythme. Il est clair que la charte Amap sert de garde-fou mais  ce sont les personnes qui limitent elles-mêmes jusqu’où elles veulent aller ensemble (auto-institution) et le sens que prend le collectif ainsi formé.   On va ainsi vers une agriculture vivrière fonctionnant sans subvention. Il s'agit bien d'autonomie, collective bien-sûr, mais de taille maîtrisable sans lourde organisation, car il est évident qu'individuellement la seule autonomie accessible immédiatement est fondée sur l'argent et sa dynamique. Au contraire, tisser des relations hors de rapports marchands demandent plus de temps et d'énergie : cela peut apparaître terriblement inefficace "vue d'avion". C'est aussi quelque chose que personne ne peut faire à notre place, qui ne se délègue pas.   A noter qu'à Lyon existe depuis longtemps une association dont on parle peu, alors qu'elle est sans doute bien plus intéressante que les Amap, si la problématique retenue est l'agriculture vivrière très proche des villes. Cette association s'appelle Côté jardins et à pour objet de cultiver collectivement des terres : http://www.cotejardins.org   A Catherine :   Ce critère de proximité est évidemment essentiel, car il permet d'espérer qu'un lien se tisse avec une ferme où il est possible de passer la journée et revenir chez soi le soir. C'est à mon avis la raison la plus importante. Car sur le plan du carburant consommé, les heures de tracteurs c'est bien plus que les trajets de livraisons... surtout en ‘bio’ (le cahier des charge AB ne limite en rien les heures de tracteur, ni l’origine des –très nombreux- intrants, fussent-ils non chimiques).   De plus si on reprend le principe du zonage en permaculture, on a intérêt à répartir le type de culture, en terme de distance à la ville, suivant la quantité d'activité associé. Ainsi il paraît aberrant d'avoir de faire des céréales en zones périurbaine.   Ce critère de proximité me paraît nécessairement devoir être associé avec le type d'activité agricole (type de production), le degré de mécanisation, la quantité et l’origine géographique des intrants, et surtout le lien qui existera ou non avec les citadins. Si ce lien n'existe pas et qu'on parachute des agriculteurs, il est évident qu'on aura des vols toute l'année. Et si cet agriculteur est très mécanisé, cela réduit les possibilité de créer ces liens, tout en s'astreignant à générer des flux de capitaux qui délocaliseront, au sens large, tous les intrants, au lieu de relocaliser les activités en procurant plus d'autonomie et d'initiatives aux habitants locaux.   Bref, en matière d'agriculture périurbaine, je pense que le principe de Côté Jardins (petit maraîchage collectif économe en matériel, avec des permanents+aides planifiés), plus des jardins ouvriers/familiaux, pour cultiver légumes, fruits, mais aussi plantes pérennes nécessitant peu d'efforts, cette solution est inégalable sur tous les plans (social, autonomie locale, écologique, prix) et bien plus pertinente que l'installation d'agriculteurs professionnels, que l'on associera plutôt comme parrains à ce genre de projet, tout en continuant à les soutenir via des Amap sur des productions que l'on souhaite garder mécanisées. Mais évidemment tout cela suppose un désir fort des citadins de s'autonomiser, plutôt que d'organiser la production agricole comme actuellement par des flux d'argent (subventions etc) qui ont l'avantage de procurer certaines satisfaction immédiates propre aux transactions marchandes...    
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C
Que de discussions passionnées autour du sujet qui sont fort intéressantes. Il ne me semble pas inutile de préciser (re-préciser...) qu'AMAP signifie Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne et la proximité y est importante. Je ne reviendrais donc pas sur le partenariat entre paysans et consom'acteurs actifs mais sur cette notion de proximité. <br /> Quelle est la place laissée à l'agriculture de proximité dans notre région fortement urbanisée ? Les paysans encore présents aujourd'hui le seront-ils demain ? Voulons-nous une région diversifiée ou essentiellement minérale ? <br /> Une enquête publique a lieu en ce moment (du 15 octobre au 8 décembre 2007) sur le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France), elle est consultable en mairie et un registre est là pour vos commentaires, c'est une occasion pour faire savoir qu'il faut préserver nos espaces naturels et le maintien de nos paysans.
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F
Oui, l'enquête sur le SDRIF, j'ai prévu d'en parler, mais je crois qu'il y a une permanence en mairie à certaines dates et j'ai manqué la première. Mais promis, j'en parlerai en essayant de bien faire les choses… ;-)
R
Excusez-moi de vous dire ça, Monsieur D., mais votre discours m'effraie un peu par son aspect radical, rétrograde et sans concession. Etre écolo et citoyen c'est pas bien? Quant à se "réapproprier doucement les moyens de notre subsistance" et "l'autonomie", il faut que vous m'expliquiez comment on fait lorsque l'on habite une ville, en immeuble au 8ème étage, et que la campagne la plus proche se trouve à 40 kilomètres. Je brûle de me nourrir de vos explications. 
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B
Heureusement sur les marchés de Colombes nous avons encore des producteurs, ... mais par malchance, il font plutôt dans les pommes. Mais au fait c'était qui celui qui disait: "mangez des pommes!"?C'est pas le même qui a essayé de casser la bio? C'est un peu loin, je ne me souviens plus très bien. Faut dire qu'avec toutes ces ruptures on ne s'y retrouve plus très bien.
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C
Bon, ben je vais continuer à aller remplir mon panier chez Naturalia, moi... et puis y'a des commerçants bio au marché... et puis y'a paysans.org ...;-))CD
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