Chacun pour soi

Publié le par Fabrice Guillet

Allez, je vais m'énerver un peu…
Cette note fait suite à un sentiment de plus en plus fréquent, à des discussions de ces derniers jours (certains s'y reconnaîtront)…
Dans une ville où l'on tente d'institutionnaliser le terme de "villages" pour nous faire croire qu'on est tous proches, j'ai l'impression qu'on n'a jamais été aussi indifférents les uns aux autres. On ne se reconnaît plus que par la proximité, par la communauté. Bien sûr, quand on évoque ce mot, on pense tout de suite "magasins communautaires", "repli des nouveaux arrivants"… Mais non, ce n'est pas uniquement cela qui me frappe. Car chacun ne s'intéresse plus qu'à son petit coin de terrain. Alors des communautés, il y a en a des dizaines dans cette ville : Rebeus, Blacks, Portugais, Antillais, mais aussi  habitants du centre-ville, des quartiers pavillonnaires, des cités… Plus personne ne se mélange, plus personne ne veut voir les autres. Seule l'école sert encore de brassage, quand elle n'est pas évitée par certains, qui contournent les règles pour rester avec leurs semblables.
L'engagement pour le collectif devient de plus en plus rare (et qu'on n'aille pas me dire que c'est un problème de temps ! Comment font ceux qui s'activent, hein ?). Et le pire, c'est qu'il me semble que même là, on retrouve ce communautarisme, cette défense de son petit intérêt, quitte à laisser en plan tous ceux qui sont un peu plus loin. Le côté "désolé, c'est trop loin"… Cet individualisme qui devient collectif…
Le terme "ville" n'a aucun sens, tant on ferme les yeux sur nos concitoyens.
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Publié dans Coup de gueule

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R
Voilà un article intéressant (attention, je n'ai pas dit que les autres ne l'étaient pas, je vous vois venir avec vos sabots!) qui appelle de ma part plusieurs commentaires.Dans une ville comme Colombes, qui compte plus de 80 000 habitants, limitrophe de plusieurs autres grandes communes, le concept (j'ai envie de dire la vue de l'esprit) qui consiste à découper la ville en villages, ne repose sur aucune réalité concrète (même administrative). N'avez-vous même jamais rencontré un colombien qui vous ait dit : « j'appartiens au village de : petit Colombes, fossés-jean... » ou autre fadaise? Pour ma part, jamais. Voilà qui est plutôt bon signe par rapport à ce que tu dénonces. Il me semble que les colombiens se reconnaissent et se retrouvent d'abord dans leur ville, au sens large, puis après dans un quartier. La notion de village, trop bucolique (avec champ du coq le matin et sa petite église au centre) ne correspond pas à la réalité moderne, ni à un quelconque passé, forcément idéalisé par cette image. Doit-on rappeler que c'est l'actuelle municipalité qui a créé cette abberation au début de sa mandature (il me semble que c'était même dans le projet municipal), sortie de je ne sais quel esprit un peu passéiste? Etrange conception, qui cherche à générer chez les habitants un sentiment d'appartenance à (son marché, sa paroisse, son quartier, sa fête...) et donc peut être un rejet de (des habitants d'à côté, du quartier d'à côté, de l'animation d'à côté...) Bref, voilà pour le village... Pour le reste, la question est complexe, car il y a certainement un aspect paradoxal dans que tu évoques. L'exemple de la multiplication des associations en est un. On peut en effet se féliciter de la vigueur associative, qui voit de nombreuses associations d'habitants de tel endroit du monde ou de telle région, de telle partie de Colombes, de tel sport, tel hobbie, se créer...le problème c'est que le fractionnement de la société que cette multiplicité entraine, est à mon sens, en partie responsable de sa division et du repli que l'on peut observer dans nos quartiers (au sens très large)Le découpage en autant de particularité est, à mon avis, nuisible au vivre ensemble et au faire ensemble (là je reprends des formules qui m'ont bien plues dans les autres interventions) La mixité sociale est de plus en plus difficile à faire, lorsque sur un territoire sont concentrées des personnes rencontrant les mêmes caractéristiques sociales, et ce qui peut paraître comme une richesse (« on est bien entre nous ») peut vite se transformer en ghetto et en enfermement.  Il reste peut être à inventer ou découvrir des lieux de rencontres généralistes (type MJC, CSC, maisons de quartiers...), où c'est moins l'objet qui compte, que le plaisir de faire avec l'autre, avec un autre, qui ne me ressemble pas forcément et chez qui j'ai tout à apprendre. La démarche qui consiste à aller vers l'autre, toujours coûteuse en temps, qui suppose un laisser-aller, qui oblige à baisser la garde, à combattre ses craintes et ses a priori est toujours payante-humainement-à court terme. Il suffit parfois de faire un pas de côté, pour changer l'angle de vue et un autre en avant pour se rencontrer.
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A
Je suis allé à cette brocante avec ma petite famille et j'ai trouvé ça très bien et j'habite pas les Grèves. Et puis estimez vous heureux d'habiter un des "villages" de Colombes , parce que moi , j'habite un coin entre plusieurs villages. Résultat : y'a rien .
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F
Euh… "y a rien", c'est ce qui définit tout ce qui est à plus de 200 m du centre ville ! 
A
Désoler Florent, mais la covivialité, d'une brocante annuelle, si sympa soit-elle, ne remplacera pas le " vouloir vivre emsemble" quotidien, (cela peut juste alimenter la discution des repas d'anciens combatants, "Ah ! mon brave monsieur, c'était mieux avant " ) . Et en plus du vivre ensemble, moi j'ai envi de " faire ensemble" avec mon voisin , avec mon prochain, de partager mon quotidien et le sien. partout ou je rencontre l'autre je vis des choses avec lui, alors pourquoi les subir et non pas les choisirs.
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F
Ne soit pas pessimiste, il y a encore des lieux ou l'on se retrouve malgré nos différences...Une bonne brocante de l'actifs et c'est reparti.....
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F
C'est vrai, mais regarde… A part nous deux, qui a fait la démarche d'aller à cette brocante, en dehors des Grèves ? Non, bien sûr, j'exagère… Et on n'est pas des modèles non plus (enfin moi, toi, je ne sais pas !)…