Ville culturelle ou ville dortoir ?

Publié le par Fabrice Guillet

Maintenant que j'ai un peu plus de temps, je voulais revenir sur un sujet qui me tient à coeur. Dans Mosaïque, je reconnais que je ne lis pas les tribunes politiques, exercices de style peu propices aux vrais sujets ou aux idées nouvelles. Je me contente d'en lire les titres. Et le mois dernier, un des titres m'a arrêté dans mon élan. "Colombes, ville culturelle", annonçait-il. J'essaie alors de retirer le sourire ironique de ma figure et commence à lire.

Le texte faisait écho, dans mon esprit, à une réflexion entendue de la part d'une élue, qui se satisfaisait de l'organisation du concert de Féloche début juin, en dépit d'un public très clairsemé (ce qui me choquait, tant le gars est pétri de talent). "Ca prouve bien qu'on n'est pas une ville dortoir", disait-elle. Je n'en suis pas aussi convaincu, quand je vois les faibles participations aux différents spectacles (c'est simple, on croise toujours les mêmes. Et encore, je ne fais pas partie des plus assidus, loin de là).

Dans la fameuse tribune, j'ai lu un truc qui m'a fortement intrigué : "Le 5 mai, la ville a lancé la phase de concertation, avec l'ensemble des acteurs de la culture, pour l'élaboration de son projet culturel. La présence de nombre d'entre eux est le signe de l'intérêt porté à la démarche".

Là, je réagis en tant qu'auteur, en tant qu'éditeur, en tant qu'intervenant auprès d'enfants dans le cadre d'ateliers d'écriture et je ne peux m'empêcher de sourire. Il y a donc un "machin" administratif qui se met en place, pour lequel on a dû contacter les responsables des grosses associations habituelles. Ceux que l'on appelle "les acteurs de la vie culturelle". Ceux qui, d'ailleurs, sont souvent les vrais garants d'une politique culturelle locale. Ceux qui montent les projets, comme la Cave à théâtre monte les Bancs Publics, comme les Zuluberlus organisent les Soirées 109, comme le Carré des créateurs fait ses expos régulières… Je parle là d'événements et non des activités régulières, comme celles des CSC ou d'autres…

Alors, bien sûr, je suis assez bien placé pour dire que la ville pourrait en faire beaucoup plus, en particulier pour valoriser ses talents (ne me lancez pas sur le sujet, ça prendrait 10 pages et je risquerais d'être méchant). Mais, en même temps, je suis convaincu que ce n'est pas parce que la ville ferait plus qu'on sortirait de ce constat : il est de plus en plus difficile de faire sortir les gens de chez eux ou de les faire participer à un événement culturel. Alors finalement, peut-être que Colombes est à la fois une ville culturelle, proposant un certain nombre de choses (on peut apprécier les salles de spectacles, le musée, les expositions…), mais aussi une ville dortoir, comme tant d'autres banlieues dans lesquelles les gens ne travaillent pas et rentrent dormir le soir. Et ce n'est pas une décision politique, voire un "projet culturel" lancé avec "l'ensemble des acteurs de la culture" qui peut changer ces mentalités. C'est bien dommage !

Publié dans Vie locale

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cclaire 28/08/2010 19:45



Il y avait 250 personnes pour regarder le spectacle de la " bête" de la cave a théâtre, au square Caillebote vendredi soir malgré la pluie, malgré le ramadan. et c'était bien
.... 



Benoit 17/07/2010 11:46



Je crois que tu as raison sur beaucoup de points, mais suis bien moins pessimiste. Notre expérience avec notre récente association "Les Jardins Sauvages d'Audra", montre l'intérêt de beaucoup de
personnes du quartier Audra et bien au delà, à se retrouver sur notre friche, pas forcément pour jardiner, mais pour partager beaucoup de moments de convivialité en toute simplicité.


Les jardins c'est aussi de la culture!


Benoit