En souvenir des indésirables

Publié le par Fabrice Guillet

Assister à une cérémonie officielle à Colombes, c'est s'assurer d'avoir quelque chose à raconter le lendemain. Ce n'est pas pour cela que j'ai pris mon vélo hier après-midi, mais j'ai quand même de quoi parler (ou écrire).

Hier, je suis donc allé au stade, ou plus exactement devant le stade Yves du Manoir pour l'apposition d'une plaque à la mémoire des "indésirables", ces milliers d'exilés Allemands et Autrichiens que l'état français a enfermé entre septembre et décembre 39 (avant l'attaque allemande, donc), en particulier au stade Yves du Manoir.

Comme je ne peux pas m'empêcher de faire part de mon mauvais esprit, je vais d'abord évoquer l'endroit où une plaque a été apposée. Non pas sur le stade (propriété du Conseil Général, celui-ci aurait refusé), comme l'association essaie de l'obtenir depuis deux ans, mais dans la rue, sous un arbre. Sale gosse, je ne peux pas négliger le fait que de gros projets sont prévus autour de ce stade. En gros, si c'est pour le détruire dans 3 ans, ça aurait un peu fait tâche de détruire la plaque par la même occasion.

Autre point qui a éveillé mon esprit râleur, le protocole. Ce qu'il y a de bien, avec une cérémonie officielle dite républicaine, c'est qu'on ne prend pas de risque. On transpose. Quand on parle, ce n'est plus "Votre altesse, monsieur le marquis…", ni "Sa Sainteté, Monseigneur…". Non, maintenant, on dit ""Messieurs les députés, mesdames messieurs les élus du conseil municipal…". Avec un peu de chance, au bout de dix minutes (si l'orateur n'oublie pas), le simple citoyen aura enfin l'impression qu'on daigne lui adresser la parole.

Le moment des dépôts de gerbes était pas mal, lui aussi. Chacun la sienne, avec annonce au micro. On a eu droit aux différentes religions principales, aux élus du conseil municipal (un de chaque parti. C'est sûrement le hasard), aux députés, au maire (tiens, je croyais qu'il faisait partie du conseil municipal ?).

Comme je ne suis pas qu'un sale gosse, j'ai quand même envie de pointer une chose positive. J'ai beaucoup apprécié le discours de l'historien (prof d'histoire ?). Avec lui, pas de grande considération, mais une évocation des faits. En les replaçant dans le contexte (oui, d'autres pays ont fait pareil; oui, la France avait agi de même en 1914). En séparant le travail de mémoire de l'historien de la volonté de porter un jugement. Cette plaque était là pour se souvenir que la France avait choisi d'enfermer 20 000 Allemands, des gens qui avaient pourtant fui le régime nazi. Ca, c'est un fait. Le gouvernement avait-il raison d'agir ainsi, ce n'est pas à l'historien d'en juger.

Pour être honnête, ce discours avait fait ma journée, comme disent les anglo saxons (enfin, ils ne le disent pas en français, hein), et je suis reparti m'occuper de ma laine de roche. Fallait pas abuser des bonnes choses.

Si vous en voulez plus, allez voir du côté du blog créé sur le sujet.

Publié dans Vie locale

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electricite paris 13 02/02/2015 01:22

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

Sacrip'Anne 23/11/2012 11:06


De la laine de roche ???!!!


Et oui, parfois il faut juste regarder les faits, tout simplement.

Edith Eccher 19/11/2012 12:00


Ouaip. Pour l'espace de créativité ya mieux que le Protocole ;o))))  c'est reglementé par décret, ce truc là ... Celui qui a bien voulu accepter de s'en charger s'en est très bien débrouillé

Alexandre L. 19/11/2012 11:22


Effectivement, en tant que militant de l’association CPMA, nous regrettons particulièrement le refus essuyé du Conseil général pour l’apposition de  la plaque sur le stade. Et nous espérons,
aussi symbolique soit elle, que l’apposition sera fait comme nous le souhaitions.

Petit historique à ce sujet : celle-ci avait été portée par Bernard Lucas au Conseil général il y a plusieurs mois (même en 2010 je crois), dans la lignée des souhaits que nous avions exprimés
lors d’une ancienne réunion. Ce dont à quoi le Président du Conseil général des Hauts-de-Seine a répondu par un refus, publiquement exprimé par Patrick Devedjan en séance du Conseil général (voir
la vidéo à ce sujet sur le site du Conseil général).

J’espère donc en conclusion que les acteurs politiques altoséquanais concernés entendront bien ces vœux qui ont été formulés hier.

Sur le protocole j’avoue que je ne suis pas au mieux de mon aisance dans ce rôle… je préfère encore l’action concrète, telle que celle que je mène discrètement mais sûrement depuis 10 ans dans
l’association !