Chronique de l'impossible

Publié le par Fabrice Guillet

musique.jpgComment on fait, quand on est une association qui ne compte qu'une petite poignée (plus ou moins équivalente à une demie-main) de permanents pour organiser la fête de la musique à Colombes, avec plus de vingt groupes, sur huit scènes dans tous les quartiers de la ville. J'ai posé la question. Voici la réponse, entre manches retroussées, armée de bénévoles engagés (dans le sens militant parce que s'il y avait des sous pour les payer, eh ben ils ne seraient plus bénévoles, hein !) et volonté inextinguible.

 

Il était une fois une contrée éloignée d’environ 7 kms de la capitale qui a vécu une fête de la musique bien plus compliquée qu’il n’y paraît. Officiellement, tout semble simple. La ville délègue prudemment l’organisation à la seule association expérimentée et solide pour ce type d’événements. Sur le papier, sont mis à disposition les services municipaux nécessaires sur le plan logistique. Après, roule ma poule, c’est plié, y plus qu’à…

Oui, mais c’est là que viennent s’ajouter les contraintes. Y a plus de sous dans les caisses, alors finalement, pour le même montant, faudrait ajouter des scènes dans d’autres quartiers, histoire de remplacer les fêtes de quartiers annulées. Ah, et puis faudrait aussi intégrer les désidératas des conseils de quartier, qui n’apprécient pas qu’on leur retire leur pince fesse.

Ca se complique, mais c’est pas encore impossible, c’est bien à ça qu’on reconnaît les pros.

Tant pis aussi si le mois de mai se couvre de ponts imprévisibles et que cela, ajouté aux jours de récups après un festival vocal incontestablement connu dans le microcosme entourant la rue du Bournard, les élections, les réunions urgemment urgentes ou tous autres motifs susceptibles de faire prendre du retard à l’organisation viennent compliquer la tâche.

Le plateau était prévu et validé bien longtemps à l’avance, les musiciens engagés, la com’ en marche (avec une belle affiche !). Les Rois de la Suède, Freddy Masamba, Soulkadelik, Tiwayo, Azzedeen, The Shakers, Disco Mojo club et bien d’autres affutent leurs instruments pour être au top le jour J.

Les services techniques tirent la langue, mis à contribution à répétition, entre kermesses scolaires, ou carnaval antillais. A quelques jours de la date fatidique, rien n’était encore prévu pour les scènes, les loges, l’électricité, les repas et les boissons.

4 jours avant, défection de la cuisine centrale (ou de son nouveau nom fleuri) plus de repas ou de boissons livrés sur site. 3 jours avant, toujours pas d’électricité. Peut-être aurait-il fallu prévenir que les musiciens et techniciens étaient humains au niveau de leur sustentation et que la musique amplifiée nécessitait quelques branchements.

Mais bon, à quoi bon gémir quand il y a tant à faire. On y croit, on y va. Chaque nouvelle embrouille trouve sa résolution. Et jusqu’au bout, elles vont se dresser.

La scène centrale n’est installée que la dernière nuit. Le manque de pièces la place au ciel, à 1m60 du sol au lieu du mètre prévu. Tant pis, les spectateurs feront face aux pieds des musiciens, plus le choix.

Le jour J, quatre heures avant les balances, le prestataire sollicité en secours commence à monter les loges, les tentes, le bar. Trop tard ? Pas forcément puisque vers 11h, Météo France lance un avis de tempête sur la ville entre 15h et 19h, avec des vents estimés selon l’humeur et la minute entre 95 et 115 Kms/h.

On plie, on ne plie pas, on se replie … Tenue ou annulation ?

Panique à bord, à bâbord ainsi qu’au sommet de l’état. Pourtant dès le montage, les professionnels et responsables des scènes connaissent déjà les consignes de sécurité. Ils ont assuré, assurent et assureront encore bien après l’absence du trou noir. Il n’est d’ailleurs pas toujours où on l’attend, celui-là. La tempête a failli nous toucher, le verre d’eau a bien été remué toute la journée.

Moralité première de cette fable. Le soleil s’est installé dès 18h30 pour ne plus nous quitter et laisser s’exprimer plus de 40 formations et plus de 250 musiciens qui s’en sont donné à cœur joie alors que le site Internet de la ville jouait au mauvais augure en annonçant une probable annulation.

Moralité 2. A Colombes city, la distance la plus courte entre deux points est une courbe.

Moralité 3. Dans tout malheur, bonheur est bon mais humide de sueurs froides.

 

En complément à cette version de l'intérieur, vous pouvez vous référer à 7 jours à Colombes, qui a fait un sujet sur cette fête de la musique. Quitte à passer du temps à regarder des vidéos locales, jetez un oeil à la discussion liée à cette animation, lors du dernier conseil municipal. On y apprend qu'un ancien maire peut jeter le lapidaire "c'était raté", preuve indéniable, que même si elle éait discrète, elle a fait le tour des différentes scènes et qu'elle a discuté avec le public présent pour se forger une opinion réfléchie. On y voit aussi un maire qui s'énerve quand on met en doute les raisons d'une subvention. Et là où je le rejoins, c'est quand il dit qu'il faudrait prouver qu'on aurait pu faire mieux pour moins d'argent. Que ceux qui pensent cela fassent des propositions pour l'année prochaine, ce sera drôle.

Publié dans Vie locale

Commenter cet article

plumedecolombe 10/07/2012 14:36


Peut être que de regrouper le festival de la voix qui a lieu début mai et la fête de la musique du 21 juin sur un même week-end  aurait permis de mutualiser les investissements financiers, logistiques, humains et artistiques. Oui mais du mois de mai au 17 juin c’est : faites vos jeux
les événementiels  pouvaient rapporter gros. Alors que pour le jour J de la fête de la musique c’est :  les jeux sont faits, rien ne va plus, 21 rouge pair et manque. Les présidentielles et les législatives sont passées

Sacrip'Anne 09/07/2012 09:16


Dis donc, c'est mieux que Dallas, par chez nous ! De l'action ! Du fric (ou pas !) ! Du glamour !