C'est bio, c'est lent

Publié le par Fabrice Guillet

Tada ! Alors ça y est, le bio a enfin fait son entrée dans la restauration scolaire (en dehors des semaines du goût ou du développement durable). Depuis la rentrée, le pain est bio.

Je ne sais pas pourquoi, mais c'est encore à moi de râler. Après tout, autant être fidèle à ma réputation.

Parce qu'il faut bien le dire, le coup du pain bio, c'est plutôt amusant. 3 ans pour en arriver là, c'est quand même révélateur d'un immobilisme, voir d'une frilosité… N'allez pas chercher une quelconque récupération politicienne, je sais que l'élue concernée en espérait bien plus et bien plus tôt.

Moyennant quoi, après 3 ans, on en arrive à un truc qui paraît anecdotique tant le bio est entré dans la restauration collective. Ici, il est écrit que 78% des villes utilisent des produits bios (même en petite quantitié), un certain nombre de villes françaises ont franchi le cap ces dernières années.

Bien sûr, ça coûte encore plus cher, bien sûr, en région parisienne, les circuits courts sont très compliqués… Sans compter qu'on part de loin (on en est encore à filer aux enfants des fruits hors saison, avec la justification que ça coûte moins cher et que niveau transport, ce n'est pas si mal).

Pour rappel, le projet (irréaliste) du fameux Grenelle of ze environnement était de 20% de bio dans les cantines en 2012. Va falloir que nos enfants se gavent de pain si on veut y arriver !

Mais comme je ne suis pas qu'un râleur et qu'il n'y a pas que l'aspect bio sur lequel on peut travailler autour de la restauration collective, je vous renvoie vers des propositions émanant de collégiens d'Issy les Moulineaux (tiens tiens, Issy, collège… ne dépendrait-on pas du même département qui gère (ou qui fait sous-traiter à des entreprises privées) la restauration dans les collèges de Colombes ?).

Les idées sont intéressantes et variées (qualité de l'alimentation, mais aussi réflexion autour du transport de la nourriture, de l'entretien des cuisines…). Elles ont un coût, bien sûr, mais comme toujours, faut savoir ce qu'on veut.

 

PS : L'article de Mosaïque (eh oui, je feuillette encore ce journal, même après avoir arrêté d'en rédiger les portraits) n'en parlait pas, je ne sais donc pas ce qu'il en est de la cantine pour les grands, à savoir les employés de la ville. Je suppose qu'eux aussi ont droit au pain bio.

Publié dans Vie locale

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Cathe 12/09/2011 17:38



L'évaluation de l'énergie grise d'un produit, quel qu'il soit, est un élément clé pour un avenir soutenable et l'on devrait toujours en tenir compte... D'un autre côté, la composition des menus
hebdomadaires fait l'objet d'une collaboration nutritionniste/parents d'élèves/cuisine centrale et affiche au final trop de produits différents dont des fruits et légumes hors saison qui sont une
aberration tant au niveau gustatif qu'au niveau empreinte écologique (ah le raisin d'Argentine !)...


Pour ma part, j'ai confiance dans les produits de l'agriculture biologique issus de la filière française, je fais aussi le choix de consommer des produits de saison et de ne pas gâcher. On peut
refuser les aliments dopés de puissants cocktails chimiques perturbateurs (fraises d'Almeria, par exemple). En France, chaque jour sont jetées d'impressionnantes quantités de déchets
alimentaires, je vous invite d'ailleurs à surveiller les poubelles des cantines scolaires et les vôtres, certainement une question de portion type... 


Pour avoir manger à quelques reprises dans les cantines scolaires, je ne mettrais pas en cause les compétences des cuisiniers de la ville, mais un jour il y a eu le choix de la liaison froide...
et certains plats réchauffés perdent beaucoup en aspect et en saveur. 


Eh oui "faut savoir ce qu'on veut" ! Mais, c'était quand même bien mieux de manger le midi chez nos grands-mères et grands-pères... il y a des lustres !


 



Jérôme 09/09/2011 16:40



À râleur, râleur et demi.


J'avoue que je ne me sentais pas très impatient d'entendre ma fille me dire « Enfin ! Papa ! On a du pain bio à la cantine. »


J'attends plutôt que mes filles reviennent de la cantine en me disant « Ouais c'était bon aujourd'hui ».


De fait (mais on n'est qu'aux premiers jours de la cantine, il faudrait ptête attendre un peu), il semble que la nouvelle équipe à Gay Lussac fasse des heureux (dont mon aînée), mais ce qui sort
de la cuisine centrale, c'est pas encore ça, tout bio que soit le pain.


(À titre personnel, je fais plus confiance à des labels type « label rouge » que « bio », mais au niveau de l'addition, le constat est le même : manger bien est un luxe.)