Abolition partielle

Publié le par Fabrice Guillet

Tout à l'heure, pour des motifs profersonnels, j'ai assisté à la cérémonie organisée pour l'abolition de l'esclavage. Je le précise tout de suite, histoire de faire taire les ricanements et les sous-entendus du fond de la salle, je suis parti sans même avoir pris une goutte de rhum (et pourtant les ti punch de l'Ahscum…).

La cérémonie a débuté avec les danses de la junior association Métiss'art. Un petit (tout petit) mot pour se présenter ou justifier la présence de cette troupe de jeunes danseuses aurait été un plus, mais bon, c'était bien sympathique.

Jusqu'aux discours officiels, je ne pensais même pas évoquer cette cérémonie sur ces pages. Mais bon, il faut croire qu'on n'a pas aboli les discours stéréotypés et ça me donne du boulot ici même. Après l'intervention impressionnante de maturité d'un élu du Conseil Communal des Jeunes (ils suivent une formation de culture générale pendant leur mandat ou quoi ?), les adultes ont pris le relai pour un festival. Il y a eu le concours de références obligatoires (Glissant, Césaire et dans un autre registre Taubira). J'avoue que j'ai eu un gros doute quand Edouard Phanor a pris le micro. On va dire que ce n'était pas en raison de sa couleur de peau que l'élu à la jeunesse est intervenu… Le même message n'aurait-il pas pu (dû) être porté par d'autres ?

J'avoue que je suis parti à la deuxième ou troisième évocation de François Mitterrand. "Aujourd'hui, 10 mai, pouvons-nous ne pas parler de…" Eh bien, je vous assure, vous auriez pu, surtout quand ce n'est pas du tout le sujet ! J'avoue aussi que ce qui m'a décidé, c'est quand l'oratrice a interrompu son discours (sur Mitterrand) pour demander aux enfants de faire moins de bruit "pendant la partie officielle de la cérémonie". Curieusement, quand le responsable de l'Ahscum, quand l'élu du CCJ a parlé, voire quand son collègue est intervenu, ça ne gênait pas que les enfants jouent au foot ou retirent une grille d'évacuation de l'eau de pluie au milieu du parvis.

Là, c'en était trop pour moi, j'ai repris mon vélo que Rama Yade gardait gentiment (oui, bon, d'accord, elle ne le gardait pas, elle discutait juste à côté, mais bon, j'ai le droit d'arranger un peu l'histoire, non ?). Sans boire une goutte de rhum. Rien que ça justifiait cet article.

 

Oups, j'ai failli oublier la deuxième manche ! Parce que c'est bien gentil, les discours, mais l'abolition de l'esclavage, ça se fête ! Alors rendez-vous dimanche 15 mai, à partir de 14h au Tapis Rouge pour un concert, des danses… Et si vous sentez une odeur de moule, c'est normal, ce sera les restes de la soirée guinguette de la veille.

Publié dans Politique locale

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