Vidéo surveillance : et après ?

Publié le par Fabrice Guillet

L'arltercation entre le maire adjoint à la sécurité, Nicolas Sarkopoff (ah non, pardon, Chrisitian Akozy, je mélange), devant des caméras de vidéo-surveillance hors service (voir ici ou pour avoir deux sons de cloche et déterminer ce qui s'est passé), me donne envie de revenir sur ces fameuses caméras.
Ah ça, on en a entendu parler, de ces caméras, avant et lors de leur installation ! Que de promesses, d'espoirs…
Mais où sont les bilans ?
A ma connaissance, il y a 48 caméras dans la ville. Le coût, je l'ignore, mais on doit le trouver.
L'insécurité a-t-elle baissé dans les zones surveillées ? S'est-elle déplacée de quelques mètres ? Mme le maire, lors de la réunion sur le collège Henri Dunant, répliquait à ceux qui trouvaient que les jeunes étaient violents dans les rues, qu'ils se gardaient bien de rester devant la caméra face au collège et qu'ils étaient tranquilles quelques mètres plus loin. Quel est alors l'intérêt ? Déplacer hors cadre l'insécurité ?
Lors de l'altercation citée précédemment, il paraît que les caméras ne fonctionnaient pas pendant toute la matinée. Bon à savoir pour les agresseurs : Messieurs, vous pouvez même attaquer devant les caméras, elles ne fonctionnent pas !
Il est normal qu'il y ait des dysfonctionnement, je ne peux pas croire à un système parfait.
Je ne comprends pas qu'on ne dresse pas de bilan, expliqué aux citoyens, de dépenses importantes. D'autant que la lutte contre l'insécurité était un thème politiquement fort.
On l'a vu avec la création (et l'armement) de la Police Municipale.
Franchement, quand une municipalité ne se vante des bienfaits d'une de ses créations, j'ai tendance à croire qu'il y a une raison. C'est peut-être de la méfiance mal placée… Mais rien que cette méfiance devrait inciter à communiquer des résultats.

Publié dans Politique locale

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video surveillance 20/02/2009 17:09

bonjourVotre article est très pertinent, il souléve de nombreux debats et c'est très bien

Olivier CAMPS-VAQUER 26/02/2006 21:07

D'abord, merci d'être sympa et de m'avoir répondu :-).
Vous avez soulevé 3 points importants sur lesquels je voudrais revenir :
- Pardon de dire et de répéter que déplacer les lieux de trafic, c'est important. Ces trafiquants sont des commerçants qui ont besoin de stabilité et de sécurité (pour eux et pour leurs clients !). Ils choisissent des lieux connus de leurs clients, permettant une certaine veille vis-à-vis de la police, permettant une communication facile avec un lieu de stockage commode et pas trop loin, etc. Les forcer à bouger d'un endroit dans lequel ils ont investi du temps, je vous assure que c'est pas mal. J'ai un exemple qui me vient en tête : celui du 157 rue des Voies du Bois (près de la Mairie de quartier Jean Wiener).  Je crois pouvoir dire qu'à cet endroit, depuis que les caméras ont été installées, il n'y a plus le trafic qui y sévissait depuis des années, ni là ni même dans le quartier ! Ca devenait trop coûteux pour eux de rester. Et je pourrais citer d'autres exemples ! Bien sûr, cela ne résout pas l'ensemble du problème (qui est immense !), mais encore une fois, la vidéosurveillance n'est qu'un outil, pas une fin en soi .
- Le problème de la police de proximité est qu'elle est extrêmement coûteuse, beaucoup plus que la vidéosurveillance. Ce n'est pas pour rien que des Municipalités de droite comme de gauche (je pense par exemple à Mulhouse ou à Clichy) ont investi dans la vidéosurveillance.
- Encore une fois, je suis d'accord avec vous, une politique doit être évaluée en toute transparence, y compris sur son volet financier. Je pense quant à moi que l'insécurité en elle-même est beaucoup plus coûteuse que l'arsenal déployé contre elle. 
Olivier CAMPS-VAQUER 

Olivier CAMPS-VAQUER 24/02/2006 21:31

Bonjour,
Je viens de lire votre article relatif au fait divers ayant impliqué Monsieur Christian AKOPOFF, actuel Maire-Adjoint à la Sécurité et deux autres personnes. Ne connaissant rien de cet incident, je m'abstiendrai de tout commentaire sur ce sujet.
En revanche, en tant qu'ancien Maire-Adjoint à la Sécurité de Colombes, je souhaiterais intervenir sur le sujet de la vidéosurveillance et de la politique de sécurité :
1°) L'une des missions des pouvoirs publics est de protéger le libre exercice des libertés fondamentales des citoyens, et en particulier la liberté d'aller et venir. Il est donc tout-à-fait légitime qu'une collectivité comme Colombes se dote d'une politique locale de sécurité pour compléter le dispositif mis en place par l'Etat.
2°) Selon moi, une politique efficace de sécurité doit s'énoncer selon 3 axes : "prévention-éducation", "répression-réparation" et "protection-dissuasion" avec définition d'objectifs clairs et dotation de moyens appropriés.
3°) La vidéosurveillance n'est qu'un instrument au service d'une politique de sécurité. Elle n'est pas, et ne peut pas être, l'alpha et l'omega de la politique de sécurité de la Ville. Il est donc absurde de la considérer isolément pour mesurer ses conséquences directes en termes de plus ou moins grande sécurité. On peut, à partir des résultats, tenter d'évaluer une politique dans son ensemble sans pour autant incriminer un élément isolé de cette politique.
4°) Vous posez à juste titre la question de l'utilité de la vidéosurveillance. J'en vois au moins 3 :
- Quoi qu'on en dise, elle dissuade et déstabilise la délinquance de voie publique ainsi que certains trafics. Vous me direz : "on ne fait que déplacer le problème !"... Même si cela se réduisait à ça, ce serait déjà énorme ! 
- Elle réduit les temps d'intervention de la Police sur les lieux où sont constatés des désordres sur la voie publique.
- Elle peut fournir des commencements de preuve pour la poursuite des infractions. 
Encore une fois, la vidéosurveillance n'est pas une fin en soi, mais un moyen, un instrument à conjuguer avec d'autres instruments dans le but d'atteindre certains objectifs dans le cadre d'une politique donnée.
5°) Il n'est pas suffisant de s'appuyer sur un dysfonctionnement ponctuel possible de la vidéosurveillance pour invalider d'un coup à la fois l'utilité de la vidéosurveillance et, d'une façon générale, la pertinence de la politique locale de sécurité de la Ville.
6°) Je suis d'accord avec vous : la politique de sécurité de Colombes, comme d'ailleurs toutes les autres politiques, doit pouvoir être évaluée en toute transparence. 
Olivier CAMPS-VAQUER
Ancien Maire-Adjoint à la Sécurité de Colombes (2001-2004) 

Fabrice Guillet 26/02/2006 11:46

J'ai hésité à répondre à notre ancien responsable de la sécurité, je me lance finalement…
D'abord, merci pour les explications.
Néanmoins, je voudrais revenir sur certains points :
- "elle dissuade la délinquance de voie publique ainsi que certains trafics". Là, j'ai de gros doutes ! Ou alors nous ne pensons pas aux mêmes trafics, car les plus choquant ont toujours lieu, à des endroits "connus" des habitants du quartier.
- "déplacer le problème serait déjà énorme". Quel est l'intérêt ? Pour rester dans l'exemple des trafics de stupéfiants, qu'est-ce que ça changerait que les dealers se déplacent de 100m pour vendre leur saloperie (eh, je suis sur MON blog, j'ai le droit de chosir mon vocabulaire !). Quand bien même ce serait de faire passer à la ville voisine, cela n'apporterait aucune solution.
- "elle réduit le temps d'intervention…". Comme le ferait une police de proximité ? :-) (oh, le beau smiley qui détend l'atmosphère !).
Pour finir, nous sommes d'accord sur le fait que les citoyens devraient être informés pour pouvoir évaluer les politiques déicdées en leur nom. On le sait, vous le dîtes, d'ailleurs, la vidéo-surveillance n'est qu'une part de la politique de sécurité, son efficacité est très difficile à juger. Mais elle a un coût et les citoyens aimeraient sans doute savoir si leurs impôts locaux ont eu raison de partir là… Or, curieusement, la communication très présente au lancement a disparu par la suite.

Harry 24/02/2006 00:44

Le prochain budget prévoit une dizaine de caméras en plus...